La Science du Planning

lundi 24 août 2009

Certes, le planning n’est pas une science exacte mais est-ce même une science ?


La Science est la connaissance relative à des phénomènes obéissant à des lois et vérifiés par des méthodes expérimentales.

On ne prévoit que le prévisible, pour le reste, on prévient.


C’est là que le planning prend toute son ampleur et devient un outil de maîtrise du cours des choses.

Planifier le quotidien n’est pas toujours un acte anodin et sans prise de risque.
Je me souviens de la mise en place d’un planning au sein d’une industrie pharmaceutique devant gérer la fabrication des médicaments.
Au programme : granulation, compression, enrobage et conditionnement ! Le tout avec mesure de la stabilité des OF et calcul du TRS planifié… Un sommet !

Mais l’écueil c’est de se laisser emporter par les possibilités techniques. Il ne faut jamais perdre de vue que quelque soit la situation : le planning doit reproduire stricto sensu les flux de l’entreprise ; Ni plus, ni moins.


- Plus : on tombe rapidement dans l’usine à gaz qui ne résout rien de concret.
- Moins : on est amené à utiliser d’autres outils pour transporter les données et le planning deviendra vite obsolète et inutilisé.

Dans le cas de l’industrie pharmaceutique cité précédemment, les flux étaient complexes, mais distinctement définis : il convenait de créer un planning permettant la gestion de l’ensemble des processus, partant du principe actif pour finir aux pilules conditionnées.
L’architecture de planning modélisée ne fût pas accessible d’emblée au premier venu, mais elle mettait en lumière le cours réel des évènements, laissant ainsi la part belle aux 7 planificateurs en ligne de pouvoir envisager de nombreuses solutions en cas de rupture de la chaîne.

On touche là à l’intérêt même d’un planning : donner une vision nette et précise de la situation des flux de l’entreprise, tout en permettant aux décideurs de pouvoir faire le meilleur choix en cas de manquement.
L’aire du « tout-automatique », où le logiciel devait offrir la solution juste et unique a vite montré ses limites. Car tout doit être pondération dans le planning : pourquoi user cinq unités de temps à intégrer des contraintes dans un logiciel, là où il n’en faudrait que deux pour trouver une solution ?
D’autant qu’une fois les contraintes objectives modélisées, il faudra s’attaquer aux requêtes subjectives, qui sont aussi complexes qu’illimitées !
Si on est incapable d’envisager à l’avance toutes les solutions à des aléas encore inconnus, un planning correctement préparé pourra cependant faire office d’outil de pilotage de l’entreprise, non seulement en proposant une série de tableaux de bord adaptée au décryptage (d’une situation de crise par exemple), mais également en offrant tout au long de la planification quotidienne, des indicateurs de tendance sur l’activité elle-même.

1° Je planifie le quotidien (donc je suis… mon activité)
(Planning de salle, de fabrication, de projets, RH, de location de matériels, d’évènements…)

2° Des Indicateurs m’alertent sur l’état de mon activité
(Plan de charge, goulot d’étranglement des OF, suivi RH, disponibilité des matériels…)

3° Les tableaux de bord m’aident à prendre la meilleure décision en cas d’imprévu
(Analyse comptable, rapport de production, gestion des compétences disponibles, suivi des délais…)



Ce n’est donc pas d’une science au sens propre dont il s’agit, mais bien d’un outil de gestion et de mesure : en utilisant un outil de planning adapté à mon entreprise, je ne vais pas éviter le « clash » du mois prochain. Je vais l’anticiper, et être en mesure de faire en sorte qu’il se produise sans dommage sérieux et irrémédiable pour mon entreprise.

CQFD

Frédéric TURQUIN

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